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Sud-Kivu: Nyamugabo et/ou son gouvernement désavoué(s) par la province

Claude Nyamugabo ne semble pas le bienvenu à la tête de la province du Sud-Kivu pour le compte de la Majorité Présidentielle.  A peine entré en fonction, le natif de Mudusa est déjà contesté par ses mentors théoriques et d’autres caciques de la mouvance. Nul ne s’y attendait, le nouveau gouverneur est loin de faire l’unanimité dans son camp. Est-ce un signe avant-coureur du capitaine qui ne mènera pas son bateau à bon port ?

Héritant  l’une des provinces les plus compliquées du pays, en remplacement du politiquement mûr, Marcellin Cishambo, Claude Nyamugabo est sur un mauvais départ. Nul n’ignore le contexte de son accession au siège de Nyamoma et le rôle de sa famille politique pour l’y implanter. Le grand effort du géant Bahati Lukwebo  pour le désistement de l’inattendu Elie Zihindula ne  semble pas avoir été rationnellement récompensé. Si monsieur le ministre national est repassé au média ce mardi 10 octobre 2017 avec un message d’apaisement, il avait, toutefois, déjà fait parler son mécontentement par rapport aux méthodes utilisées par son prétendu protégé lors de la nomination de son équipe.  Le revirement du  patron de l’AFDC est venu alors que le message que portait sa prise de position avait déjà été décrypté même par le moins curieux.

Pas du tout fidèle aux pratiques traditionnelles, le nouvel homme fort du Sud-Kivu ne comptera pas sur l’appui des Mitamba. Dans ses nominations, Claude n’a pas étanché la soif de l’influent natif de Mwenga, Jean-Marie Bulambo. Ceci est déjà perçu comme un péché par l’élu de Bukavu qui fustige de prime abord  et avec raison peut-être, cette façon de faire la politique de son camarade. La notion de géopolitique n’ayant pas été minutieusement appliquée, le numéro 1 du PANADER, avec tout son poids, n’est pas obligé de ne pas indisposer l’ancien ambassadeur. Si certains territoires, voire certaines collectivités, semblent avoir été privilégiées que d’autres, les moins favorisés constituerons, légitimement, une  pierre d’achoppement pour le successeur du Marcellin.

Maître Nyamugabo, bien qu’ayant reçu le « soutien » de l’Honorable Modeste Bahati ce mardi 10 octobre 2017, ne  devra est sans ignorer les désaveux qui fusent de partout. Certaines structures, et pas les moindres, ont déjà manifesté leur désaccord, rien qu’avec son gouvernement. Les femmes sont montées au créneau pour dénoncer un chef qui ne leur semble pas favorable. Sans nul doute, ceci constituera quelques points de moins pour monsieur le gouverneur, surtout en ce 21ème siècle où la femme pèse très lourd. Au siècle de la parité, aucun décideur ne peut prendre le risque de léser l’autre genre. A la tête de la province, le gouvernement Nyamugabo vient remplacer une équipe dont la composition comportait une bonne proportion des femmes. Les dames ne tarderont, donc, pas à afficher la nostalgie de l’ère Cishambo où elles n’avaient jamais été sous-représentées. N’avons –nous pas entendu madame Solange Lwashiga , responsable du mouvement « Rien sans les femmes » monter au créneau et exiger un autre gouvernement  sans tarder ?

                   Le grand Jocker a refait ses preuves

 Le jeu de Claude Nyamugabo fait des mécontents dans le camp des  siens, mais ailleurs ce n’est pas du tout le cas. Le nouveau jongleur de la scène politique en province n’a pas manqué de s’illustrer dans le jeu. Avec son UDDS, le professeur Elie Zihindula a pu décrocher un portefeuille de taille. Est-ce la récompense de l’abandon sur le ring ? Que ce soit le cas ou non, la vérité est qu’en ce moment, le ministre de la justice, de la fonction publique, des droits humains et l’habitat, Monsieur Dieudonné Namegabe porte la marque UDDS. Ce jeune parti de l’opposition a, quand-même, eu ce que les partis de la majorité n’ont pas reçu de leur nouveau patron en province.

Alors que toute la majorité attendait de lui, un homme très docile, très malléable, à l’opposé de « l’orgueilleux » Marcellin Cishambo, dont tout le monde avait déjà ras-le-bol dans leur famille politique, Claude Nyamugabo aura déçu ceux qui croyaient au père Noel. Politicien chevronné, Nyamugabo n’ignore pas combien c’est risqué de décevoir les anciens alliés ; Ceci dit, il joue à un jeu dont il maîtrise seul tous les enjeux.  Gouverneur, oui ; mais son sort est vraiment imaginable. En total contradiction avec des poids-lourd de sa famille politique, le gouverneur a du pain sur la planche pour diriger longtemps le Sud-Kivu. L’échec n’est pas loin du nez de l’ancien ministre des sports qui ne semble pas avoir appris du sort de son prédécesseur.  Si les  Wazalendo ont désarmé, la situation du moment prête déjà à une nouvelle scission. Le nouveau chef devra tout faire pour maintenir l’unité de sa famille, pour son intérêt et celui de sa juridiction.

John Achiza 

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