Bukavu: La fondation et l’hôpital de Panzi rendent hommage à Inge Kool, décédée récemment

Alors qu’on attendait sa venue, Inge Kool ne reviendra pas de son congé, déjà prolongé suite au décès de sa chère maman. C’est plutôt le douloureux message de sa mort qui retentissait dans les oreilles des différents agents de la Fondation Panzi et de l’Hôpital Général de Référence de Panzi le lundi 22 janvier 2018, jour où Inge Kool devait renouer avec ce qu’elle a longtemps chéri, le travail hardi.

Ce samedi, 27 janvier 2017, la Fondation Panzi et l’Hôpital Général de Référence de Panzi ont organisé, en mémoire de la regrettée Johanna Inge Kool, une cérémonie commémorative afin d’honorer le remarquable travail que celle-ci a accompli, de son vivant, en faveur des femmes vulnérables de la RDC. Cette date coïncidant avec son enterrement a servi de couronnement à cette dame de fer dont le courage n’avait rien à envier des grands héros de notre ère.

Le mot d’ouverture de cette cérémonie funèbre, prononcé par le docteur Nene Rukungu, n’a pas dit moins. Tout au long de sa carrière, à la Fondation Panzi, Inge paraissait embêtant à l’égard de certains suite à son attachement à la perfection et au travail bien fait. Sa puissante et vibrante démarche, toujours accompagnée de battement des chaussures, était toujours synonyme d’une énorme pression en perspective ; ce qui lui a valu le qualificatif « indicateur Inge », a-t-on déduit de ce message de reconnaissance de madame Nene.

Toujours attachée à la ponctualité, Inge ne tolérait pas une seule minute de retard, que ce soit pour elle-même ou pour ses subalternes. Dès sa présence dans les couloirs, tout le monde se mettait en ordre, craignant d’être grondé pour inaction. Pour Nene Rukungu, la Fondation Panzi a pleure la reine des deadlines.

Biographie

Diversement et hautement qualifiée, Inge a mis tout son potentiel au service du peuple congolais qu’elle portait profondément à cœur. Après un probant parcours universitaire, Inge a servi le Congo et à la Fondation Panzi où elle a occupé plusieurs responsabilité dont celle de coordinatrice de la Maison Dorcas et celle de directrice adjointe au programme. Au service de la Fondation Panzi, Inge Kool détient le mérite d’avoir beaucoup contribué à la réplication du Guichet Unique, le One Stop Center, dans d’autres provinces et dans d’autres pays. Elle est également la pionnière de la mise en place des protocoles de quatre piliers de ce modèle holistique.

La brillante biographie de Inge, partie à l’âge de 44 ans pile [car née le 11 janvier 1974 et décédé le 19 janvier 2018], est loin d’être le seul facteur impressionnant de sa vie. Pour monsieur Bertin Rutega, directeur au Programme et associé de bureau de Inge, la regretté était d’une générosité hors pair. Elle était prête à tout mettre à la disposition des autres et s’occupait soigneusement de ses proches. Inge Kool était non seulement très travailleuse, mais également bonne à côtoyer.

Témoignage

Témoignant de l’exceptionnel courage de Johanna Inge Kool, madame Christine Deschryver, vice-présidente du conseil d’administration de la Fondation Panzi, qualifie sa collaboratrice et amie d’unique. « On ne peut pas remplacer Inge », a-t-elle avoué. Présente quand, et où, cela valait la peine, Inge prenait des risques énormes pour se rapprocher des désireux. Ne tenant pas de la couleur caractéristique de sa peau, elle rejoignait fréquemment les différentes zones rouges où s’étendent les activités de la Fondation Panzi pour des missions de supervision, histoire de remonter le moral du personnel largué sur terrain.

De septembre 2017 à décembre [donc peu avant son départ pour ne plus revenir], cette dame, dont la générosité laisse désespérément attentifs plusieurs enfants hébergés à la maison Dorcas, a sillonné les différents sites de la Fondation Panzi. Si, pour madame Deschryver, Inge est irremplaçable, elle est autant plus pour Claudia Noguera. Cette psychologue, très proche d’Inge, vient de perdre plus qu’une collègue. La colombienne, régulièrement confondue à Inge Kool par les innocentes âmes locataires de la Maison Dorcas [non encore informées de la mort de leur affectueuse amie], garde plein de souvenirs de « l’autre Muzungu ». Aisément liées, les deux compagnes vivaient comme des réelles sœurs, en dehors des relations professionnelles harmonieuses.

Du sermon du jour

Aimée par plusieurs personnes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Fondation et de l’Hôpital de Panzi, comme l’a prouvé monsieur Crispin Kashale, officient de la cérémonie, Inge est le genre de personne que l’évangile nous recommande de devenir. A travers les neuf béatitudes, le Seigneur bénit, et qualifie d’heureux, les pieds qui s’empressent pour faire le bien.

Pour le père Nicolas, qui n’a connu Inge que de manière volatile lors d’une fête organisée par le Docteur Mukwege, cette grande dame ne faisait état d’aucun complexe. Son statut, son niveau intellectuel et la couleur de sa peau n’ont jamais constitué une barrière morale pour elle. Sa surprenante dévotion envers les faibles doit servir de modèle à tout le monde car, a-t-il dit, « l’amour ne se prouve que quand nous sommes en vie ».

Du mot de circonstance

Compte tenu des risques qu’elle prenait, nul ne croirait que le pire arriverait à Inge dans un pays aussi sécurisé qu’est la Hollande. Pour le Docteur Denis Mukwege, à qui la mort vient de ravir l’un des plus coriaces lieutenants, Inge Kool était la référence de l’amour du travail bien fait. Presqu’inconsolable, le président du conseil d’administration de la Fondation Panzi n’oubliera jamais cette néerlandaise qui, de son pays natal, l’avait appelé pour lui faire part de son envie de venir travailler bénévolement à la Fondation Panzi.

Cette dame, dont la simple présence instaurait un ordre parfait au sein de l’institution Fondation Panzi, est partie alors qu’elle avait encore une grande mission à accomplir. Son retour était très attendu pour la résolution de plusieurs questions restées sans réponses. Hélas, elle ne viendra pas parachever cette œuvre pour laquelle elle s’est si longtemps sacrifiée.

En honneur à sa mémoire, le personnel de la Fondation et de l’Hôpital de Panzi est appelé à copier de Johanna Inge Kool, la discipline dans le travail, le courage et la détermination.

Brève histoire de sa mort

Inge est morte à l’occurrence d’un accident de circulation à La Haye, sa ville natale, alors qu’elle réglait les dernières affaires avant de retourner au Congo, et à Bukavu, son traditionnel lieu de travail. Partie au secours de sa mère malade Inge Kool était restée quelques temps de plus aux Pays-Bas pour pleurer sa mère, morte le 22 décembre 2017. Attendue à Panzi le 22 janvier, Inge a rendu l’âme, deux jours plus tôt, dans ces circonstances toujours difficiles à élucider. Paix à l’âme de celle dont la bonté n’a jamais été conditionnée par les gains opportunistes. La Fondation Panzi gardera, à jamais, les bons souvenirs d’Inge Johanna Kool et en fera toujours son cheval de bataille.

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