Sud-Kivu: Après Cishambo, l’indéboulonnable Yogolelo déboulonné de la mairie de Bukavu

C’est désormais officiel : Philémon Yogolelo Lutombo ne sera plus à la tête de la mairie de Bukavu.

C’est désormais le duo Bilubi Ulengabo et Darius Sumuni Mukunda qui sont les nouveaux patrons de la ville de Bukavu respectivement comme maire et maire adjoint.

La nouvelle circulait déjà dans le camp de la MP depuis hier vendredi 2 février mais la lecture de l’ordonnance présidentielle est intervenue ce samedi dans la soirée.

Le nouveau patron de la ville serait très proche du directeur de cabinet du chef de l’Etat et aujourd’hui cadre du parti présidentiel Pprd après avoir passé par le parti Patriotes résistants Maï Maï, PRM de Pardonne Kaliba.

S’il n’ ya rien d’étonnant par rapport au temps de sortie de cette ordonnance parce qu’elle date de longtemps, ce sont les acteurs à la tête de la mairie qui surprennent.

Les nominés, même si ce sont des noms connus de la ville, ils ne sont pas au premier plan dans l’arène politique de la province.

Un autre fait, c’est bien l’arrivée du secrétaire général du parti national pour le développement et la République, PANADER comme maire adjoint. Ce choix de dernière minute, selon des sources concordantes pourrait être le fruit de la pression du leader de ce parti politique Jean-Marie Bulambo Kilosho après le revers qu’il a subi lors de la formation du gouvernement Nyamugabo et les menaces à peine voilées de quitter le navire MP.

Parce qu’il est bien clair que les heureux nominés n’ont pas été les premiers choix des stratèges de la MP mais le fruit de l’évolution de la situation politique au pays et en province.

Bulambo Kilosho qui a tapé le point sur la table et qui visiblement a eu raison à l’heure où la majorité présidentielle cherche la cohésion pour affronter les nouvelles aventures politiques et électorales dont elle-même maitrise le format.

Simple choix tactique ou volonté de satisfaire les alliés aigris et qui peuvent faire mal en dehors de la grande famille dont le papa reste l’incontestable Joseph Kabila ? Difficile de pencher pour l’instant vers l’une ou l’autre option.

Le maire sortant quant à lui, s’y attendait déjà depuis des lustres et « savait que ce n’était qu’une question d’heure » commente un cadre du Pprd ce samedi dans les couloirs de la cérémonie de 100 jours du gouvernement Nyamugabo.

Yogolelo ne tenait plus sur ce fauteuil que par la seule présence et influence de Marcellin Cishambo, le prédécesseur de l’actuel locataire de Nyamoma.

En effet, l’ancien gouverneur soutenait tous ses collaborateur depuis la mairie jusqu’aux communes même dans le plus pire moment de la crise qui l’a secouée avec la toute puissante montée de l’aile Wazalendo.

Cishambo parti, Philémon Yogolelo dansait sur un pied et voyait déjà son sort scellé. Plusieurs journalistes et collaborateurs rapportent qu’il ne cessait d’ailleurs ce dernier temps de répéter qu’il va partir et les mêmes critiques se dirigeront contre l’autre qui va arriver.

Des critiques de toute part concernant la gestion de la ville venant notamment des mouvements citoyens et des organisations de la société civile qui avaient à un temps initiés le « Yogolelo must go » ou « Yogolelo doit partir » pour dénoncer la mauvaise gouvernance dans sa gestion de la chose publique, disaient-il.

Récemment, le maire sortant était encore dans le viseur de la société civile et des mouvements citoyens qui avaient initiés une plainte contre lui pour violation de la constitution par rapport aux manifestations publiques. Des manifestations qui depuis plus d’un an, ne sont plus autorisées à cause, dit-on du côté de la mairie d’une lettre du ministre de l’intérieur et « des instructions permanentes ».

Les activistes de la société civile et ceux des mouvements sociaux faisaient aussi remarquer que pendant plus ou moins sept ans de la gestion Yogolelo, les parcelles sur des sites impropres à la construction ont été vendues. Les cimetières spoliés sous l’œil des autorités politico-administratives de la ville et la province sans que personne n’éclaircisse le rôle de chacun dans ce cas.

Yogolelo est parti aussi dans un contexte politique tendu où les manifestations publiques sont interdites et fortement réprimées mais il n’est pas certain que la venue des nouveaux animateurs change la donne, car cela est une question nationale.

Les nouveaux animateurs de la ville retrouveront sur leurs tables l’épineuse question de l’insalubrité de la ville de Bukavu avec les déchets à chaque coin de rue mais aussi la question de la situation sécuritaire de la ville. Une insécurité qui est devenue presque endémique avec les vols et assassinats parfois en pleine journée.

En attendant, on annonce le tour des bourgmestres des communes et le combat a déjà commencé dans les Etats-majors et camps  des partis et des personnalités politiques.

Honneur-David Safari

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2 thoughts on “Sud-Kivu: Après Cishambo, l’indéboulonnable Yogolelo déboulonné de la mairie de Bukavu

  1. Félicitations aux nominés de la mairie de la ville de Bukavu. Nous attendons leurs discours pour voir si la saleté va diminuer ainsi que l’insécurité qui ne nous laisse jamais circuler en paix dans notre ville…

  2. félicitations aux nouveaux nominés que Dieu vous accompagne dans votre service pour le pays et précisément pour la province

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