Bukavu: quand le docteur Mukwege se fait débarquer d’un vol/Monusco pour Bunyakiri

C’est une histoire invraisemblable mais vraie pourtant.  Ce mercredi 28 mars 2018 au tarmac de l’aérodrome de Bunyakiri, ce sont des milliers des femmes, jeunes et hommes qui sont venus attendre « l’homme qui répare les femmes » qui devait arriver comme le prévoyait le programme de depuis plusieurs semaines.

A la surprise générale, pas de docteur Mukwege dans le premier avion. Les esprits se surchauffent et exigent de voir celui pour qui cette masse a accepté de faire des kilomètres et passer des temps sous le soleil.

C’est là que l’équipage de l’hélicoptère explique à la foule qu’ils ne sont pas venus avec le docteur Mukwege et que peut-être il viendrait dans un autre avion quelques heures plus tard.

S’en suit alors une étape de négociation pour dénouer l’incident et les habitants acceptent de rester attendre leur « papa », leur « fils » le docteur Mukwege.

Après un grand moment d’attente, c’est bien l’aéronef qui atterrit et cette fois croit la foule, « c’est le docteur Mukwege ». Peine perdue, quelques membres d’équipage à bord et d’autres passagers et pas la star du jour.

Là toutes ces femmes demandent aux hommes de s’éloigner et de leur laisser la place « car c’est devenue une question des femmes » crient-elles à l’aérodrome toutes en colère.

Décision : mettre  le feu sur cet engin si on ne  montre pas où on a mis le docteur Mukwege.

Une autre étape de négociation et cette fois trop longue pour que ces femmes croient qu’il n’y a pas complot pour ne pas amener le professeur Denis Mukwege dans leur entité. La police, les autres forces de la Monusco et les responsables catholiques du milieu calment le jeu et parviennent à amener ces femmes pour un moment de dialogue et faire comprendre à la foule qu’il y a « Peut-être eu un problème ».

A plusieurs kilomètres de là, à Bukavu d’où il devait venir, le docteur Denis Mukwege a été débarqué à la dernière minute par la MONUSCO Bukavu dans un vol qui devait l’amener à Bunyakiri dans le territoire de Kalehe pour  rencontrer des milliers des femmes encadrées par sa fondation.

Selon des sources concordantes, les responsables de la Monusco Bukavu ont choisi la nuit de la veille du jour du vol pour informer au docteur Mukwege que ce n’était plus possible de l’amener avec eux dans cette partie de la province du Sud-Kivu alors qu’il disposait déjà du fameux eMOP lui permettant de voyager avec la MONUSCO prétextant une insécurité dans la Zone.

Ceci a rappelé le rendez-vous manqué du Dr Mukwege avec le pasteur Bukondoa de l’Eglise du Christ ou Congo quelques minutes après son passage au gouvernorat de province.

La venue de l’ambassadeur de l’Union Européenne à l’hôpital de Panzi n’aurait pas été aussi vu d’un bon oeil par les tenants du pouvoir.

Sans ignorer ce que des sources concordantes qualifient “d’obstruction ratée” du commissaire européen aux affaires humanitaires de se rendre lui aussi à l’hôpital de Panzi

Est-ce une nouvelle stratégie de clouer le Dr Mukwege dans sa prison à ciel ouvert?

Qui a décidé de son débarquement á Bunyakiri? L’avenir nous le dira…

Beaucoup contactés par Laprunellerdc.info n’ont pas compris ce volte-face de la Monusco Bukavu.

Adonis Lubambo, envoyé spécial

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