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Crimes de guerre à Kalehe: Un officier des FARDC comparaît en audience foraine

Le jugement dans le dossier de crime de guerre, à Mirenzo, Katasomwa et Chirimiro [en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu], sera rendu ce jeudi 29 novembre 2019, sauf imprévu. Afin de rendre justice dans cette affaire, que la défense des parties civiles qualifie de crime contre l’humanité, la cour militaire du Sud-Kivu siège en audience foraine à Kalehe depuis le 21 novembre dernier.

Ce déplacement du tribunal revêt, à en croire les acteurs impliqués dans cette audience, un caractère double. Il lui est conféré une dimension pédagogique, la comparution et le jugement en public dissuade toute éventualité de commission d’actes similaires à ceux dont le jugement rendu. Les audiences foraine permettent également de rapprocher la justice des justiciables, afin de leur révéler le fonctionnement de la justice congolaise.

Pour le cas présent, il s’agit d’un procès opposant un officier supérieur de l’armée congolaise à un groupe de villageois venus de Katasomwa, Mirenzo et Chirimiro. Le lieutenant-colonel Mabiala, alors commandant du Bataillon Spécial Mixte d’Intervention de la 10ème région militaire, est poursuivi pour des exactions qu’auraient commises ses militaires en date du 7 au 9 juin 2013, dans les villages ci-haut cité.

Du récit de notre envoyé spécial, à Kalehe, nous retenons un débat nourri autour de ces trois dates successives.

Lors de cette attaque, consécutive à une opération de traque des miliciens du groupe armé Raiya Mutomboki Madini, les militaires auraient notamment mené des actions sévères à l’égard des populations civiles, soutiennent les parties civiles. 9 personnes furent abattues par balle, plusieurs femmes furent violées, des biens furent pillés, et plus d’une centaine de maison fut incendiées, insistent sans broncher les conseils des victimes.

De sa part, la défense réfute toutes les allégations requises contre son client. Le  prévenu, combattant aguerri, ne nie pas l’accrochage du 7 juin entre ses hommes et un groupe des miliciens ayant attaqué la base militaire de Katasomwa, seul des trois villages se trouvant dans le périmètre de son commandement.

Par ailleurs, le colonel Mabiala ne reconnait qu’une perte en vie humaine, et cela dans le rang de la compagnie FARDC ayant repoussé l’attaque des Raiya Mutomboki. En la connaissance du chef guerrier congolais, aucun dégât collatéral n’a eu lieu, ni même une perte dans les rangs des assaillants, moins encore parmi les civils.

Après un long débat sur la forme, suivi du jugement avant dire droit, l’audience foraine de Kalehe aborde depuis le weekend dernier, des questions relatives au fond. Les témoins à charge sont entendus un après l’autre afin de confirmer la véracité dont ils accusent l’officier de l’armée congolaise.

Le début de la semaine s’annonce d’autant plus émouvant dans cette audience, dont les portes sont ouvertes à toute la population de Kalehe. Sauf changement, le lieutenant-colonel Mabiala connaitra son sort le jeudi 29 novembre 2013.

Signalons que l’organisation de cette audience publique connait l’appui technique et matériel d’un collectif d’organisations de droits humains. Il s’agit notamment de la Fondation Panzi, dont la clinique mobile avait pris en charge les victimes de violences sexuelles après ces actes.

On peut également citer certaines organisations internationales et onusiennes intervenant dans le même domaine. C’est entre autre le Programme des Nations Unies pour le Développement, de l’ONG suisse TRIAL ainsi que le Bureau Conjoint de l’ONU aux Droits humains.

Honneur-David Safari

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