ActualitéPolitiqueSociétéUncategorized

Dossier bulletins retrouvés à Chidaho : Deo Kurasa [le témoin CENI] a-t-il réellement été au lieu des faits ?

Le feuilleton lié aux bulletins jetés du candidat Félix Tshisekedi, fait réagir sous plusieurs tons les responsables de la CENI. Ce jeudi 3 janvier 2019, le chef du quartier Nyalukemba, invité pour témoigner lors du point de presse de la CENI, a avoué avoir été au lieu où était tombé le colis.

Pourtant plusieurs zones d’ombre persistent après cette sortie médiatique de Deo Kurasa aux côtés du Bourgmestre d’Ibanda et du Secrétaire Exécutif Provincial de la CENI.

A 19 heures 30, au moment où le camion passait au Feu Vert, le chef de quartier se trouvait exactement sur le lieu. La question reste de savoir si sa moto stationnait en ce lieu, et ce qu’elle attendait exactement. Cela est certes normal, mais pareille coïncidence, naitre d’un tel hasard, laisse à s’interroger pertinemment sur la réaction de Monsieur Kurasa, en voyant le colis.

Le chef de quartier Deo Kurasa, n’est pas un novice en matière de gestion de la Res Publica. Surtout pas dans la ville de Bukavu. Il est aux affaires depuis plusieurs années et sait à quel point la perte d’un seul bulletin de vote peut entacher la crédibilité d’un processus dont l’organisation a impliqué des milliards de dollars. Pourquoi c’est seulement 3 jours après, alors que la découverte faisait La une des journaux, que le chef du quartier Nyalukemba a dû révéler cette vérité ? Nul ne souhaiterait être à la place de Kurasa, et être obligé d’éclairer la lanterne.

Au moment de cette perte, le chef de quartier Deo Kurasa choisi de suivre le véhicule de la CENI sur sa trajectoire, laissant le colis au lieu où il est tombé. En sa qualité de responsable municipal, le chef de quartier avait la possibilité d’appeler la police, pour la protection d’un matériel aussi sensible que les résultats des  scrutins.

A l’heure où est tombé le colis, le camion se rendait au centre Mushere, [proche de la Frontière Ruzizi 1er]. A son retour de ce centre, le véhicule convoyé par la CENI se devait obligatoirement de repasser par la Place Feu Vert. Par mesure de prudence, vu les controverses qui entachent l’actuel processus électoral, Monsieur Kurasa aurait dû attendre le retour du convoi pour lui remettre le colis. Cela aurait garanti la sécurité du colis, comme l’a toujours suggéré le secrétaire exécutif provincial de la CENI [« il faut le protéger comme un œuf »].

Après que soit revenu monsieur Kurasa, accompagné des policiers qui escortaient le matériel, il trouve à la place « qu’un minibus Vanette avait déjà récupéré le sac ». Parfait connaisseur de la ville de Bukavu, Deo Kurasa savait que grâce à sa moto il devait absolument attraper le bus, vu l’état de la route. C’est exactement ce qui l’a motivé de suivre les traces dudit engin.

Par ailleurs, Kurasa sait clairement les divers itinéraires  que prennent les différents véhicules qui font le transport en commun dans la ville de Bukavu. Généralement les bus Vanette font la jonction de la Cellule Nguba [frontalière avec le Rwanda] à la commune de Bagira. Se retrouver à l’ISP, à la suite d’un bus Vanette n’est qu’un véritable coup d’épée dans l’eau. L’Institut Supérieur Pédagogique ne se trouvant pas sur la trajectoire traditionnelle de ce genre de véhicules ; encore qu’aucune piste sérieuse ne conduisait le chef de quartier de ce côté. Cela s’appelle une perte de repères.

Au cours de leur intervention, au point de presse de la CENI, le chef de quartier Deo Kurasa et son supérieur, le bourgmestre de la commune d’Ibanda, défendant la même cause, divergeait sur des petits détails. Alors que Deo Kurasa parlait d’un bus Vanette, Evariste Manegabe Naditunda [le bourgmestre] lui a parlé d’un bus Hiace.

« Dans un laps de temps, le chef de quartier, accompagné des policiers, a été renseigné qu’il y a un bus Hiace qui a ramassé le sac croyant que c’est de l’argent et le bus a pris les larges », déclarait plus tôt l’autorité communale.

Tenant compte de la réalité sociale, le bourgmestre parait plus cohérent que son subalterne, mais cela est loin de suffire car monsieur Evariste ne jouait qu’un simple rôle de témoin auriculaire. En réalité, ce sont les bus Hiace qui empruntent la route passant par l’ISP.

Espérons toutefois que les petites incohérences relevant de cette confession du chef de quartier Deo Kurasa ne sont pas du genre à perpétuer la guéguerre autour des bulletins retrouvés à Chidaho.

A ce sujet, le Secrétaire Exécutif a même tenu à rappeler qu’en cas de nécessité, la centrale électorale pouvait recourir aux données stockées par la machine à voter ; ce qui pourrait apaiser les esprits de certains opposants.

La Rédaction

Tags
Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer