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Journée des Martyrs: «aujourd’hui nous avons les colons, mais à la peau noire» (Prof Nyaluma)

La situation que le peuple congolais traverse actuellement est pire que celle ayant concouru au massacre du 4 janvier 2018, pense le professeur Arnold Nyaluma. Faisant référence aux conditions de vie, que menaient les congolais à l’époque de la colonisation, l’enseignant de droit qualifie de « colons à la peau noire » les dirigeants congolais.

Soixante ans après la mort collective des citoyens congolais, revendiquant l’indépendance politique du Congo Belge, la situation des droits individuels et collectifs laisse toujours à désirer en RDC. Alors que le pays s’apprête à vivre la première alternance démocratique de son histoire, le professeur Arnold Nyaluma estime les dirigeants actuels sont plus durs que les colons belges, bourreaux du peuple en 1959.

Au cours de l’entretien qu’il nous a accordé ce vendredi 4 janvier 2019, le professeur Nyaluma  évoqué le haut degré de manque d’humanisme des autorités congolaises et craint des agissements plus répressives que ceux qui se sont produits, au jour des martyrs de l’indépendance, en cette période aussi cruciale.

« La situation que nous sommes en train de traverser, en terme de répression, dépasse même celle qu’on a vécu en 1959 », estime Me Nyaluma, tout en gardant une mémoire pieuse à l’égard des martyrs de l’indépendance.

Par ailleurs, le professeur Arnold Nyaluma regrette que les dirigeants ayant succédé aux colons, notamment ceux de notre ère,  n’aient pas relevé le défi, mais se sont comporté plus mal que ces derniers, à l’égard de leurs compatriotes.

« Constater le niveau de destruction entrainé par les 17 ans du pouvoir actuel, on peut se dire que nous avons aujourd’hui les négriers noirs ; nous avons les colons, mais à la peau noire. Mais contrairement aux anciens colons, les colons actuels n’ont aucun sens de l’humanité, aucun sens du service public », constatait Me Arnold.

A l’image des citoyens des années 1960, le professeur Nyaluma préconise un combat patriotique et non-violent afin de conquérir une démocratie réelle.

« Nous devons plutôt nous battre, pas avec les armes mais avec les urnes, avec nos libertés, pour reconquérir la vraie indépendance. Nous devons reprendre cette indépendance qui est aujourd’hui entre les mains d’une oligarchie prédatrice, qui ne s’intéresse qu’à l’argent et qui, pour cela utilise tous les moyens nécessaires, y compris parfois la barbarie, parfois même les meurtres », suggère Me Arnold Nyaluma Mulagano.

A Me Nyaluma de conclure : « Le combat, qui a été mené en 1959, doit être poursuivi pour qu’on ait une alternance, une vraie. Que le vote du peuple ne soit pas volé, pour que ceux qui ont été élus soient réellement proclamés […] Mais il ne faudrait pas qu’on remplace des négriers par d’autres. Nous devons être vigilants pour que ceux qui ont été élus puissent cette fois travailler au service du peuple ».

Le peuple congolais aspire, dans les jours qui viennent, à la passation de pouvoir entre le président Joseph Kabila et celui qui sera proclamé vainqueurs des élections qui se sont tenues le 30 décembre dernier. Certains pessimistes redoutent  le tripatouillage des résultats, dans le sens de détourner la volonté du peuple, ce qui pourrait déboucher sur un regain de violences.

John Aciza

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