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Mwenga : Kigalama, Kankanga et Isopo, des ex fiefs des FDLR puis des Raïa Mutomboki aspirent un air de paix depuis quelques mois

Sur son passage à Kigalama, Kankanga et Isopo, le reporter de Laprunellerdc.info a rencontré la plusieurs habitants, les membres de la société civile, le comité de développement de certaines entités et qui ont parlé de leur vécu quotidien.

 «Nous sommes heureux que nous aussi, pouvons désormais faire un mois, deux mois et même trois mois sans être attaqués par les rebelles maïmaï. C’est un bon signe pour le nouveau président et nous souhaitons que ça continue ainsi », lance  Muanda un habitant de Kigalama à notre micro.

Depuis 1996, les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) se sont dirigés vers le territoire de Mwenga et Shabunda, là ils y font la loi, font payer des taxes, tuent, violent et commettent plusieurs autres exactions. Cela fut à la base de la création des groupes d’autodéfense dans les milieux qui sont eux-mêmes devenus plus nuisibles que les FDLR.

Le carré minier de Kankanga dans le territoire de Mwenga. Ph. Laprunellerdc.info

Plusieurs groupes avec plusieurs chefs rebelles dont les célèbres sont Koko di Koko, Charlequin, Ndalumanga, Maheshe et consorts criminalisent la population de Kigalama, Kankanga l’ancienne cité minière de la SOMINKI et Isopo les villages voisins.

Jusque vers décembre 2018, ces rebelles venaient inquiéter la pauvre population. « en décembre, pendant que Erick, le fils à mon voisin qui venait d’avoir son diplôme d’État pour aller commencer l’Université à Bukavu, est venu prendre l’argent pour son inscription, il s’est vu tué lors des affrontements entre Mutomboki et Fardc après que ces malfrats l’aient obligé de transporter leurs butins pillés dans village d’issopo. Ils sont venus à 2 heures du matin et ont opéré jusqu’à 6 heure faute d’intervention liée aussi au manque de réseau de télécommunication», nous dit un infirmier de Isopo témoin de l’événement de ce temps-là.

Si ces malfrats venaient inquiéter la population à Kigala et Isopo qui ne sont que des petits villages, Kankanga,  une carrière où on tire de cassitérite, fut la vache laitière des bourreaux.

C’est chaque semaine qu’ils viennent s’en vont avec des kilogrammes des matières, ils pillent boutiques et magasins. Saccagent tout ce qui est école et hôpital, violent les femmes en masses tuent tous ceux qui peuvent leur résister. Tel est la vie de chaque jour des enfants, jeunes et vieux, hommes et femmes de la plupart des villages dont Mboza, Kabikokole…

C’est seulement après les élections que la population dit respirer un nouvel air, ils sont égayés d’apprendre qu’enfin certains seigneurs de guerre sont entrain de quitter les forêts et se rendent eux-mêmes, ils veulent entendre Charlequin, Ndalumanga et Maheshe aussi quitter leurs forêts, ils demeurent sinon sur leur soif de voir ces gens être jugés un jour.

 «Vraiment nous disons merci à nos militaires, nos autorités politiques et militaires pour ce travail, cependant, nous voulons voir ces hommes qui nous ont fait marché nu devant nos enfants être aussi jugés selon la rigueur de la loi» nous confie Mme Wabiwa de Kankanga.

Un calme précaire mais bonjour les tracasseries

Pendant que la population commençait à aspirer un air de paix, et à être nourri d’espoir, celui qui est censé la protéger devient aussi le nouveau bourreau, déplorent plusieurs habitants.

Ce sont des taxes sans contrepartie qui surgissent, «pour nous de Kankanga, nous avons au moins 5 taxes. Certaines de la chefferie mais celle-ci est incapable nous aider dans notre projet de route que nous avons amorcé il y a 7 mois. A l’entrée, tu dois payer la DGM à 2000 FC si t’as un colis, 1000 FC si pas, 2000 FC par semaine, ……nous sommes rançonnés par ceux qui sont sensés nous protéger et c’en est assez avec ces multiples taxes sans contrepartie» lance le président du comité de développement de Kankanga.

«La fois passée, la maison de la police était pleine des femmes au motif que celles-ci n’ont pas payé 2000 fc de «Ntulo ya mwami» pour chaque boisson locale fabriquée, même chose pour les étangs piscicoles qu’on fait désormais payer doublement des taxes sans impact sur la vie des dirigés » lance aussi un membre de la société civile de Isopo.

Dans un milieu où la population est en majorité agricultrice et des hommes creuseurs artisanaux des minerais, lesquels secteurs sont devenus moins productifs qu’il y a peu, les multiples taxes de la chefferie et d’autres services sans aucune contrepartie n’ont aucune raison d’être, soutiennent ces habitants.

Si autrefois, les chefs coutumiers étaient considérés comme protecteur, refuge pour leurs administrés, aujourd’hui dans la chefferie de Basile le contraire est tout vrai d’autant plus que les habitants voient en ces tracasseries une autre forme d’occupation non différente de celle des FDLR et Raï Mutomboki qui les ont criminalisé des années durant sous l’œil impuissant des décideurs.

Doit-on payer la migration dans son pays, dans sa province, dans son territoire, d’un village à un autre? Ou c’est juste une manière de rançonner le peuple ? Ce sont là des questions qui reviennent avec force dans ces entités.

Jean-Luc M. 

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