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RDC: fâchée, l’opposition exige des explications à Félix Tshisekedi et menace d’actionner l’article 64 de la Constitution

L’heure est grave ! C’est par cette courte phrase qu’on peut tenter d’interpréter la sortie médiatique du vice-président du regroupement politique « Ensemble pour le Changement » de Moise Katumbi.

Dans la ville de Bukavu où il séjourne, le sénateur Pierre Lumbi est revenu sur les grandes questions de l’heure sous un ton grave et menaçant. Report de la 2ième tournée de Moise Katumbi, gouvernance actuelle avec la coalition FCC-CACH ou encore les invalidations des parlementaires de la coalition de l’opposition Lamuka.

«Que veut-on de Katumbi » s’interroge Pierre Lumbi

Ensemble pour le changement s’étonne qu’après quelques gestes allant dans le sens de la décrispation politique posés par le nouveau président de la République, le pouvoir oblige à Moise Katumbi de rester « confiné » à Lubumbashi en entravant sa liberté de circuler librement sur l’étendue de la République.

« il est surprenant de constater qu’après son retour à Lubumbashi le 20 mai dernier, il lui est imposé d’y demeurer confiné par des interdictions répétées de survol et d’atterrissage d’aéronefs affrétés pour ses déplacements à Goma, point de départ souhaité de sa tournée de reprise de contacts et de communion avec la population dont il s’est toujours senti proche et attaché. Que se passe-t-il ? Que veut-on à Katumbi ? Qu’attend –t-on de lui ? L’opinion congolaise a le droit d’être éclairée et fixée par ceux qui sont à la base de ces mesures illogiques »tranche Pierre Lumbi.

Félix Tshisekedi doit des explications au peuple

Abordant la question des invalidations des parlementaires Lamuka par la Cour Constitutionnelle, le regroupement « Ensemble » considère cela comme une volonté manifeste « de défier le peuple congolais dans son ensemble ».

23 parlementaires Lamuka dont 21 députés nationaux (8 MLC, 7 MS, 4 AMK, et 2 Dynamique de l’opposition) et deux sénateurs ont été jusque-là invalidés.

Pour les opposants, le pouvoir FCC/Kabila [sic] lance un nouvel assaut de « neutralisation des institutions par des actes ignobles d’une cour constitutionnelle caporalisée et instrumentalisée ».

«Il est clair pour le peuple congolais qu’il ne dispose plus de voie de recours envers une justice qui se saborde, sous pression de la coalition FCC/CACH. C’est pourquoi, nous mettons le président Félix Tshisekedi devant ses responsabilités pour avoir volontairement accepté la charge de conduire la nation, nous lui demandons de mettre fin à l’anarchie institutionnelle en cours qui détruit les fondements-mêmes de la République. Le président Félix Tshisekedi doit des explications au peuple congolais quant à la limitation des droits fondamentaux parmi lesquels les restrictions des mouvements. De même, il doit des explications au peuple congolais quant au bon fonctionnement des institutions notamment la Cour Constitutionnelle dont il est le garant» demande « Ensemble ».

Possible recours à l’article 64

Comme dans les dernières années de gouvernance de l’ancien président Joseph Kabila, l’opposition menace encore une fois de recourir à l’article 64 de la Constitution qui donne au peuple le pouvoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force et qui l’exerce en violation de la Constitution.

Ici encore Lamuka prévient : si aucun acte de courage ne vient du président de la République pour « stopper et corriger l’arbitraire dans ce sombre paysage,  il n’y aura plus d’illusion à se faire en ce qui concerne les intentions de nos gouvernants ».

«Il ne nous restera, en tant que peuple, que de nous prendre entièrement en charge, sur la base de l’article 64 de la Constitution, en vue de recouvrer nos droits fondamentaux et notre dignité bafouée » menace l’opposition.

Prochaines actions et appel à l’unité de l’opposition

Pierre Lumbi lance également un appel à l’unité et la cohésion de toute l’opposition pour des actions de grande envergure dans les prochains jours.

Il souhaite également qu’une réunion de la coordination « élargie » soit convoquée en toute urgence.

«En attendant,  nous invitons le peuple congolais à demeurer mobilisé et prêt à réponde à l’appel de l’opposition » recommande «Ensemble pour le Changement ».

Cette sortie médiatique arrive alors que la Cour Constitutionnelle de la RDC est fortement critiquée pour les arrêts rendus dans le cadre des contentieux électoraux pour les législatives nationales de décembre 2018. Plusieurs partis d’opposition ont déjà annoncé leur intention de manifester dans les prochaines heures.

Jean-Luc M.

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