Bukavu: une exposition d’arts des survivant(e)s des violences sexuelles

Les survivant(e)s des violences sexuelles dans la province du Sud-Kivu ont organisé une exposition de leurs œuvres à l’Institut Français de Bukavu ce mercredi 19 juin 2019.

C’était à l’occasion de la Journée Mondiale contre les violences sexuelles en période des conflits.

Il s’agit d’une exposition mettant en valeur des œuvres d’art et des performances d’artistes et des survivantes. Un véritable espace d’échange et d’expression sur le thème des violences sexuelles en temps de conflits en République Démocratique du Congo.

Dans la salle de spectacle de l’Institut Français, c’est bien des débats, des échanges pour montrer au public quelle est la vie actuelle des femmes victimes des viols. Des témoignages également pour marquer le soutien et la solidarité à toutes les autres femmes victimes des violences sexuelles en temps de guerre.

«Il faut que s’arrête. Aujourd’hui, une femme victime des violences sexuelles est stigmatisée, elle rejetée, elle vit dans une situation de précarité extrême, elle a du mal à être acceptée, à se reconstruire dans la vie. Il est très difficile pour elle de pouvoir s’en sortir. C’est-à-dire qu’en plus de cette misère intérieure et mentale qu’elles vivent parce qu’elles ont été victimes d’une violence qui les a traumatisées à jamais, elles sont obligées de subir la société qui les rejette et qui donc va rendre encore difficile pour elles de trouver un travail, par exemple » explique Maud Ekila.

Le seul mot d’ordre: briser le silence en cas de viol dans leurs communautés ; un silence qui ronge ces femmes et leurs progénitures parce que «ensemble, nos voix sont plus fortes que le silence».

Difficile de vivre mais il y a de l’espoir

Dans l’exposition on note qu’il est clair que c’est difficile de vivre après une situation de viol et violences sexuelles mais l’espoir est permis.

Des tableaux qui expliquent par exemple que la femme est le pilier de l’humanité et qu’elle doit être forte. «Enlever la dignité à la femme, c’est détruire et briser tout ce qui est autour».

Cette exposition montre des choses positives également, rappellent les organisateurs. Des tableaux qui donnent espoir, des œuvres faites par ces survivantes et dont elles sont fières.

Un sourire également des femmes qui sont passées par un encadrement du docteur Denis Mukwege à travers la Fondation Panzi ou encore la cité de la Joie.

Ces femmes qui se sont reconstruites à travers les différents projets en bénéficiant des formations, des micro-crédits qui font d’elles des personnes importantes dans leurs milieux.

Il faut que ça s’arrête

Joyeux Bin Kabodjo, un grand humoriste de la ville de Bukavu est l’un des participants à cette soirée d’exposition. Il pense que l’Etat doit tout mettre en œuvre pour que cela cesse. Émotion mais surtout interpellation.

«Une femme n’est pas un objet. Ces souffrances que subissent nos mères, nos femmes, nos filles, détruisent à petit feu notre société. Si nous ne savons pas agir, chacun à son niveau, nous sommes une société sans repères et vouée à la disparition. L’Etat est le premier responsable et doit agir pour arrêter cette humiliation mais chacun de nous a un rôle à jouer et nous devons nous sentir interpellés» explique l’humoriste.

Le mouvement national des survivantes des violences sexuelles qui veut voir une RDC sans viols ni violences sexuelles à l’égard des femmes compte 2000 membres pour la plupart survivant(e)s de violences sexuelles liées aux conflits au pays. il a entre autre objectifs de créer un réseau de solidarité et un espace d’échange et d’entraide entre les survivant(e)s afin d’améliorer leur bien-être, aider d’autres survivantes à avoir accès aux soins dont elles ont besoin, créer une mémoire collective de leurs expériences et obtenir la reconnaissance de leur vécu dans la société, ou encore conduire un plaidoyer et une campagne de sensibilisation efficaces pour influencer les programmes dédiés aux victimes de violences sexuelles,  en RDC et dans le monde, etc.

Adonis Lubambo

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  • Lutala Kabe 5 mois

    Pour tous ces hommes de la loi que la grace leur soit accordez de la par de Dieu pour faire fidelement leur metier. Et que le docteur Mukwege ne s’arrete pas il aurra bientot sa recompance.

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