Gouvernement provincial Sud-Kivu: “notre hiérarchie doit faire attention dans la répartition des postes” (Bernard Zagabe, PPRD)

La grogne se poursuit dans les partis politiques au Sud-Kivu en prélude des nominations dans le prochain gouvernement provincial.

Si des partis comme l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) ont exprimé leur mécontentement par rapport à la distribution des postes selon des éléments à leur possession, au parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) la grogne est perceptible et l’explosion ne va peut-être pas tarder. 

Plusieurs cadres au niveau provincial dénoncent une tentative d’imposition des noms par des leaders vivant à Kinshasa au détriment des vrais militants au niveau provincial. Des noms qui sont parfois issus de leurs familles biologiques.

C’est d’ailleurs ce que dit ici Bernard Zagabe, cadre du PPRD qui avertit des leaders vivant à Kinshasa que les conséquences de leurs actes pourraient être désastreuses pour la province.

«Il y a encore une fois une volonté manifeste de vouloir bloquer la province

Pour lui, le Gouverneur doit éviter de se faire piéger par des politiques qui ne militent visiblement pas pour le développement de la province du Sud-Kivu.

«Il y a encore une fois une volonté manifeste de vouloir bloquer la province de fonctionner et c’est là que le Gouverneur doit faire attention parce qu’il y a des sensibilités qu’il faut éviter de toucher. Il y a des caciques qui se trouvent à Kinshasa et qui sont entrain de vouloir jouer avec le feu et nous on ne se laissera pas faire.  On ne peut pas manifester sur base des rumeurs mais quand il va réagir, ça va bloquer le fonctionnement de la province parce que nous on connait comment la province fonctionne. Nous avons déjà bloqué un Gouverneur et on sait comment on peut encore bloquer mais on ne veut pas en arriver par là. C’est pour cette raison que nous interpellons les notables du Sud-Kivu vivant à Kinshasa de faire attention » tranche Bernard Zagabe.

ce que nous revendiquons c’est la répartition à l’interne»

La pomme de discorde selon ce cacique du PPRD au Sud-Kivu, c’est la tentative à vouloir imposer les animateurs à partir de Kinshasa alors qu’il y a des cadres qui vivent les problèmes quotidiens au niveau du Sud-Kivu.

«Notre parti est suffisamment structuré. Non seulement qu’il y a des postes qu’on nous a réservé mais nous sommes en train de penser que notre hiérarchie doit faire attention dans la répartition de ces postes.  Nous refusons la répartition de ces postes comme si on était dans un club d’amis. Nous sommes déjà informés qu’il y a des territoires qui n’ont ni députés nationaux ou provinciaux ont tendance à être servis. Nous sommes informés que des territoires qui nous ont apportés suffisamment des députés comme Kabare, Kalehe ont tendance à être méprisés pour des intérêts de certains notables.  Nous sommes informés qu’il y a des territoires qui ont déjà été servis et qu’on prétend encore servir davantage. On ne va pas nous expliquer qu’un territoire comme Walungu où on a déjà concédé l’Assemblée Provinciale au compte du PPRD puisse encore bénéficier d’un ministre au compte du PPRD. Ça c’est jouer avec le feu. Nous en profitons pour dénoncer ce genre des pratiques, d’hypocrisie à tendance à bloquer la province. Nous ne voulons pas nous attaquer à ce que les autres partis vont gagner ou à la répartition mais nous disons que ça soit, un, deux ou trois postes qu’on va nous donner, qu’ils soient réservés aux militants et cadres du parti vivant au quotidien qui peuvent  nous faciliter à faire avancer le parti. Nous n’avons pas à nous attaquer au Gouverneur mais ce que nous revendiquons c’est la répartition à l’interne» informe-t-il.

Nous commençons à mettre en alerte notre hiérarchie parce que l’action que nous allons mener va faire couler ancre et salive

Il annonce par ailleurs des grandes actions qui pourraient, selon lui, bloquer le fonctionner de la province du Sud-Kivu au cas où leur voix n’est pas entendue.

« Nous pensons que les gens ont cessé avec la culture politique, ils veulent offenser l’autorité morale du FCC et président fondateur de notre parti. Si nous ne sommes pas satisfaits dans nos attentes, nous allons mener des actions et je vous jure que ça ne va épargner les notables vivant à Kinshasa. Nous n’avons que le parti comme patrimoine aujourd’hui. Nous avons perdu la présidence de la République, nous avons perdu la tête de la province, nous ne pouvons pas accepter de perdre le parti. Et donc, s’il y a des gens qui estiment que nous allons les laisser faire, ils se trompent. Nous commençons à mettre en alerte notre hiérarchie parce que l’action que nous allons mener va faire couler ancre et salive».

Pas seulement au PPRD

La question de partage des postes au prochain gouvernement provincial divise fortement les acteurs politiques au Sud-Kivu. Les partis de Cap pour le Changement (UDPS-UNC) par exemple réclament d’être représentés à 50 % dans les institutions provinciales. Au sein du Front Commun pour le Congo c’est également la colère dans plusieurs regroupements et partis politiques. Cette course acharnée au pouvoir est aussi observée dans certaines mutualités tribales qui pensent qu’il faut également tenir compte d’elles dans la formation de ce gouvernement. L’équation paraît donc compliquée pour le nouvel exécutif provincial avec à sa tête Théo Ngwabidje Kasi et Fiston Malago alors que les uns et les autres espèrent cette fois que l’élan de reconstruction de la province sera lancé. 

Jean-Luc M.

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