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Minembwe : retour sur les appels à la paix lancés par Kamerhe, Ruberwa, Nyarugabo, Bitakwira, Peshi, Bayubasire…

Plusieurs messages de paix ont été lancés ce mardi 9 juillet 2019 dans la commune rurale de Minembwe à l’issue d’une visite du Directeur de Cabinet du chef de l’Etat, monsieur Vital Kamerhe et du premier ministre intérimaire Azarias Ruberwa.

« Toutes les communautés ont été victimes de la même façon de cette barbarie de nos enfants »

Tous les leaders présents dans la délégation ont appelé les communautés locales d’éviter la généralisation en cas d’infraction. Ils ont par ailleurs rappelé que les  conséquences des conflits n’ont pas choisi telle ou telle autre communauté.  C’est par exemple Vital Kamerhe, qui a également appelé les jeunes à déposer les armes.

«Je suis venu pour prêcher la paix.  Nous avons remarqué que toutes les communautés vivent ensemble. Toutes les communautés ont été victimes de la même façon de cette barbarie de nos enfants que nous invitons à déposer les armes auprès des représentants des forces de défense, c’est-à- dire l’armée nationale. Il n’y en a aucun qui sera arrêté, au contraire, ils seront encadrés et vont être réinsérés dans la société » a dit Vital Kamerhe.

« Il existe des bons et des mauvais dans chaque groupe ethnique »

Message relayé par Azarias Ruberwa, premier ministre intérimaire qui a pris parole au nom du gouvernement congolais.

«La réconciliation c’est l’image de Jésus-Christ et la femme Samaritaine. Qui demande de l’eau à l’autre. Nous devons accepter de demander et de donner de l’eau. Qu’un Munyamulenge donne de l’eau à un Mubembe et vice-versa. Qu’un Mufulero fasse de même à un Munyamulenge etc. et casser les murs de séparation. Il n’y a aucun groupe tribal avec seulement des bonnes personnes ou seulement des mauvaises personnes. Il existe des bons et des mauvais dans chaque groupe ethnique. Il faut alors que des bonnes personnes issues des différentes communautés travaillent ensemble pour réduire le mal des mauvaises personnes des différentes communautés. Engageons-nous comme des hommes et des femmes de paix » a-t-il insisté, appelant à se lever et à bâtir ensemble.

Personne ne mettra fin à l’existence de l’autre.

Le député national Moise Nyarugabo est aussi revenu sur cet appel. Représentant de la communauté Banyamulenge, il condamne également la généralisation.

«Il y a des bons et des mauvais dans chaque groupe ethnique. Personne ne mettra fin à l’existence de l’autre. Ceux qui s’entretuent le font vainement. Ils laissent des plaies inutilement et retardent le développement. Je vous exhorte cher frère que chacun fasse quelque chose pour que la paix et que la guerre s’arrête définitivement. Pas de sécurité sans paix et pas de développement sans sécurité. Que personne ne vous trompe. Le secret du développement c’est la paix et la sécurité. Que chacun s’engage pour la paix. Que les Babembe, les Bafuliiru, les Banyindu, les Banyamulenge fassent quelque chose pour la paix » appelle Moïse Nyarugabo.

« Que chacun voit l’autre comme soi-même »

Prenant la parole, le député provincial et président du groupe parlementaire PPRD à l’Assemblée Provinciale Peshi Mtegya Prince qui représentait Néhémie Mwilanya pour le compte de la communauté Babembe a également appelé à ne pas généraliser les faits.

Est-ce que toute la communauté devient mauvaise quand quelqu’un de ce groupe a commis une faute ?, a-t-il demandé.

«Nous proclamons la paix dans ce beau territoire très envié de Fizi. Nous ne pouvons rien bénéficier si nous-mêmes ne voulons pas construire la paix. Nous remercions le commandant région Mundos pour le travail qu’il continue à abattre ici chez-nous. Il nous écoute et fait tout ce qui est possible pour nous aider à trouver la paix dans la région. Mais c’est à nous la population d’amener la paix ici chez-nous. Que chacun voit l’autre comme soi-même. Nous demandons maintenant que tous les groupes armés déposent les armes» a exhorté le député provincial, demandant à l’Etat d’accueillir ces jeunes désireux de déposer les armes.  

« personne ne jettera l’autre dans le lac Tanganyika »

Le ministre du développement rural, Justin Bitakwira qui a parlé au nom des communautés Bafuliiru et Bavira a noté que le pays a besoin du changement.

Rappelant son passé dans la région, Justin Bitakwira a également dénoncé le manque des infrastructures routières notamment. Il a noté qu’il était difficile pour beaucoup d’accéder à Minembwe à cause de ce problème. Pour Bitakwira, plusieurs intoxications tendent à faire croire que la commune rurale de Minembwe deviendra une République à part entière. Ce qu’il qualifie de « mensonge » et de l’ « intoxication ».

«Nous ne voulons pas nous adapter en sachant que le monde évolue. Que tu sois Munyamulenge, Mubembe, Mufuliiru, Muvira, Munyindu…personne ne jettera l’autre dans le lac Tanganyika. Personne. Aucun groupe tribal ne mettra fin à l’existence de l’autre. Quel Munyamulenge ne parle pas le Kifuliiru, le Kibembe et vice-versa. Qu’on le veuille ou non, nous partageons cette terre jusqu’à la venue du Christ. Mon dernier message c’est de dire que ça fait plus de dix ans que nous avons parlé de la commune de Minembwe mais elle n’est pas seulement aux Banyamulenge. Que tout le monde se retrouve dans celle-ci. Ceux qui disent que la commune rurale de Minembwe va devenir une république à part, mentent. C’est de l’intoxication. Il y a plusieurs communes rurales à Uvira et en province et le Gouverneur doit nous aider à finir le processus» dit Bitakwira.

«Pour que la paix soit là il faut d’abord qu’on s’aime »

Intervenant au cours du dialogue avec la population qui a eu lieu ce mardi 9 juillet 2019 à Minembwe, Amato Bayubasire  député national élu de la circonscription de Walungu qui s’est exprimé au nom de la communauté des Bashi, a indiqué que si par exemple toutes les communautés se marient entre elles, cela pourrait contribuer à la paix parce que personne ne prendra une arme pour tuer son beau-frère ou sa belle-sœur, moins encore son neveu ou sa nièce.

 Nous devons dire maintenant aux Banyamulenge, aux Babembe, aux Bafuliru, et aux Bavira de suivre maintenant cet exemple des Shi qui se marient avec toutes les communautés. Nulle part où vous pouvez aller au Congo et y rencontrer une seule tribu. Notre pays est grand. C’est à nous de réfléchir intelligemment afin de développer notre pays. Nous sommes venus ici pour chercher la paix, et pour que la paix soit là il faut d’abord qu’on s’aime’’  lance-t-il à ces différentes communautés.

Celui-ci indique que les armes appartiennent à l’Etat, et toutes les personnes qui se sont recruter dans des groupes armés doivent se rendre au près des forces armées loyalistes en vue de lutter contre des guerres qui déstabilisent leurs propres communautés.

D’autres personnes sont également intervenues pour appeler à enterrer la hache de la guerre et de se concentrer au développement des Hauts Plateaux de Minembwe. Vital Kamerhe et la délégation venue de Kinshasa se sont envolés dans la soirée dans la capitale via l’aéroport de Kavumu, laissant derrière eux une exhortation: le dialogue doit être permanent!

Ghislain Bafunyembaka, depuis Minembwe

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