Sud-Kivu : la panique dans les salons politiques après l’arrivée d’une forte délégation du PPRD à Bukavu

C’est la panique depuis la soirée de ce jeudi 11 juillet 2019 dans les grands salons politiques du Sud-Kivu.

En cause : une forte délégation de l’ancien parti présidentiel, le PPRD est arrivée à Bukavu dans la soirée.

Aussitôt arrivée à Bukavu, la délégation a dit venir investir le nouveau comité du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, le PPRD. Un comité récemment nommé par Emmanuel Ramazani Shadary, le secrétaire permanent du parti.

‘’ Le premier objectif c’est l’installation du bureau provincial du PPRD, le programme va vous être communiqué, je pense à partir de demain mais le secrétaire permanent du PPRD son excellence Ramazani Shadary a signé un arrêté portant la nomination des nouveaux animateurs, cadres du parti dans la province. Il était très important pour nous de venir les installer.’’ a dit par exemple le député national Cokola Katintima, présent dans la délégation.

Mais cette déclaration ne rassure visiblement pas dans les milieux politiques et même sociaux au Sud-Kivu d’autant plus que la délégation arrive dans un contexte de désamour entre le Front Commun pour le Congo (FCC) et spécialement le PPRD d’un côté et de l’autre l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) autour de la question de la présidence du Sénat congolais. Or, en province du Sud-Kivu, le Gouverneur est un produit de l’AFDC.

Dans les réseaux sociaux, on semble déjà connaître la mission des caciques du PPRD : «elle vient pousser le Gouverneur Ngwabidje à la démission » lit-on dans un message qui circule avec insistance depuis la soirée de ce jeudi.

«Beaucoup de députés nationaux du PPRD viennent d’accoster au port Ihusi ce soir. Une certaine discrétion annoncée soutient qu’ils viendraient pour créer une instabilité politique en province dans l’objectif de pousser le nouveau gouverneur Théo à la démission.  Cette mission serait conduite par Me Claude Nyamugabo Bazibuhe. Qui a  bu boira. Attendons-nous à une surprise demain »  pouvons-nous lire sur les réseaux sociaux.

Une peur, peut être justifiée car, elle est composée de plusieurs poids lourds de ce parti et ressortissants du Sud-Kivu.

Avec Benjamin Mukulungu Ibogo à sa tête, elle est composée de deux anciens Gouverneurs selon l’ordre de mission. Il s’agit de Marcellin Cishambo et Claude Nyamugabo, respectivement membre du bureau politique et membre du Conseil National. De Martin Bitijula Mahamba, Adolphine Muley Byayuwa, Cokola Katintima Mugaruka Bin Mubibi, tous membres du Conseil National mais aussi de Christian Dunia Kilanga, Essambo Kuckye, Mukobelwa Fefe, Roger Safari, Espérance Migabo, Fundi Kibandiko Papy, Nsaka  Bekandjwa Jean ou encore Kady Mwelwa Maniwa.

Selon un cadre de l’AFDC qui s’est confié à Laprunellerdc.info, la venue de cette délégation n’est pas un fait « anodin ». Il s’agit, selon lui, d’un « arbre qui cache la forêt ».

Ce cadre qui voit déjà une certaine instabilité politique du Gouverneur actuel avec sa position « délicate » rappelle que sur le plan numérique, le PPRD est la première force politique à l’Assemblée Provinciale.

« A part les députés connus et élus sous ce label et la mosaïque, plusieurs autres paramètres sont en jeu et la menace PPRD est très réelle. Il suffit de voir la composition de la délégation pour s’en rendre compte» dit-il, même si au finish il pense que déchoir un gouverneur dans le contexte actuel du Sud-Kivu n’est pas très facile.

Plusieurs autres acteurs politiques craignent que les conséquences du bras de fer entre Bahati Lukwebo et des responsables du FCC n’atteignent les provinces.

« Le Gouverneur ayant été élu dans le cadre du FCC-CACH, il est légitime qu’il soit remplacé si son parti n’est plus avec nous. A moins, que lui décide de rester avec l’AFDC loyale à Joseph Kabila» commente un cadre du PPRD, qui rassure par ailleurs que la question du changement du Gouverneur n’est pas « officiellement » au rendez-vous.

Cette inquiétude est également rapportée dans les Etats-Majors des partis politiques qui prennent part au Gouvernement provincial du Sud-Kivu ou qui composent l’actuel bureau de l’Assemblée Provinciale. Car, on le sait, la défenestration de l’actuel Gouverneur pourra certainement avoir des incidences sur les autres institutions provinciales.

Pour l’instant, les commentaires et analyses vont dans tous les sens et les faits et gestes seront scrutés pendant les 5 jours officiels de cette délégation dans la province du Sud-Kivu.

Plusieurs avertissent que toute tentative de « déstabilisation » des institutions de la province ne sera acceptée.  En attendant, chacun reste sur sa soif et attend voir la suite des événements, espérant que l’actuel locataire de Nyamoma ne sera pas obligé de quitter ses fonctions alors qu’il n’est qu’à quelques mois de son installation. 

Jean-Luc M.

 

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