Conflits et violences au PNKB : PPI demande l’organisation d’une table ronde entre parties prenantes pour évaluer l’ancien protocole d’accord

Dans une correspondance adressée au ministre national de l’environnement, le Directeur des Programmes RDC de l’organisation non gouvernementale des droits humains PPI demande au ministre et à tout le gouvernement de s’imprégner du conflit entre le peuple autochtone et les gardes parc pour une solution durable mais aussi pour prévenir des effets collatéraux avant qu’il ne soit tard dans le Parc National de Kahuzi Biega.

L’ONG Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI) dit se rappeler du drame humanitaire vécu par des milliers des déplacés depuis plus de cinq ans dans les Provinces du Tanganyika et du Haut-Katanga suite au conflit intercommunautaire entre les Pygmées et les Bantous, et demande ainsi au ministre de prendre des précautions pour que, une fois pour toute ce conflit qui oppose le peuple autochtone aux gardes parc ne soit pas transformé en conflit entre peuple autochtone et les bantous.

«A l’instar des provinces de l’ancien Katanga , ce conflit pourrait quitter la sphère « Pygmées-Gardes parc » vers «Pygmées- Bantous» car en général, les pygmées ayant toujours soutenu que la majorité des gardes se sont des bantous et pourront ainsi considérer que se sont ces derniers qui sont contre eux et vice versa. Voilà pourquoi, PPI vous invite, et par ricochet tout le gouvernement congolais à vous imprégner urgemment de ce conflit pour une solution durable et jouer à la prévention des effets collatéraux avant qu’il ne soit trop tard.  PPI vous exhorte également de tenir compte de la question liée à la restauration de la cohésion sociale entre les pygmées et les gardes parc dont les relations sont aujourd’hui brisées suite à ce conflit.» lit-on dans la correspondance.

Les recommandations ont enfin été formulées par Me Pascal Mupenda, le Directeur des Programmes PPI en RDC, le signataire de la correspondance.

«La tenue d’une table ronde pouvant réunir les autorités du gouvernement national et provincial du Sud-Kivu, l’assemblée provinciale, les représentants du PNKB et les représentants des pygmées ainsi que certains partenaires à tous les niveaux pour faire l’état de lieu du protocole d’accord précédemment conclu il y a plus d’une décennie pour mettre fin à la crise entre les pygmées et le PNKB ; La mise en place d’une nouvelle feuille de route pour mettre fin aux violences actuelles et donner lieu à la consolidation de la paix et la protection des écosystèmes du PNKB, l’harmonisation des vues avec les organisations d’accompagnement des peuples autochtones quant à l’impact de leurs actions vis-à-vis des violences vécues présentement entre le PNKB et les pygmées.»

Patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc National de Kahuzi Biega est en proie à la colère des peuples autochtones depuis bientôt une année. Ceux derniers abattent des arbres qu’ils utilisent pour faire la braise, planches et autres en complicité avec d’autres habitants, selon le PNKB.

Les responsables du Parc les accusent continuellement de  s’attaquer également aux gardes parc.

Depuis le début de l’année, au moins 4 personnes ont déjà perdu des vies dans ces violences et une dizaine des blessés.

Le Parc National de Kahuzi Biega avait dénoncé la mort d’un écogarde le jeudi 1er Août dans une attaque des maïmaï contre le poste de Patrouille de Lemera dans le territoire de Kalehe au nord du Sud-Kivu.

C’est le chargé de communication du PNKB qui l’a dit à Laprunellerdc.info.  Hubert Mulongoyi rappelait que cet incident survient après celui du 17 juillet qui a fait plusieurs blessés dont 3 graves lors d’une arrestation des personnes qui coupaient des arbres avec des tronçonneuses.

Jean-Luc M.

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