Sud-Kivu : quand l’irresponsabilité atteint son paroxysme dans le secteur du transport lacustre !

Le Sud-Kivu n’a pas cessé de compter le nombre des morts et des disparus dans des naufrages sur le paisible Lac Kivu.

Après le naufrage d’Avril dernier dans le territoire de Kalehe et qui avait fait plus de 150 disparus, selon les officiels, une autre embarcation motorisée a fait au moins 3 morts et plusieurs dizaines des disparus. Les officiels affirment avoir repêché 76 personnes.

Ce grave incident de ce samedi a été précédé par plusieurs autres depuis le séjour du président de la République à Kalehe pour compatir avec les familles des victimes du naufrage d’Avril.

Des naufrages qui pouvaient en majorité être évités

Dans la province du Sud-Kivu, c’est la colère et les condamnations après chaque naufrage.

Dans la plupart des cas, il s’agit des embarcations motorisées ou non avec plus de 100 personnes à bord et plusieurs biens et marchandises.

Des engins surchargés au vu et au su des services affectés aux ports de Bukavu et ceux du littoral de Kalehe ou de Kabare.

Plusieurs embarcations transportent vaches, chèvres, cochons, bananes, autres produits champêtres en plus de plusieurs dizaines de personnes sans bouées de sauvetage et pour nombreux, ne figurant pas sur le manifeste de la Direction Générale des Migrations (DGM).

Des défenseurs des droits humains ne cessent de monter au créneau pour demander un peu plus de sérieux dans le transport lacustre sur le lac Kivu.

Très peu de sanctions

Dans cette cacophonie, aucun responsable d’un service public ne semble répondre de toutes ces catastrophes sur le lac Kivu. Pourtant, des personnes continuent de mourir.

Les ports de Bukavu sont parmi les plus tracassiers avec la présence de plusieurs services publics qui disent réglementer le secteur du transport lacustre. Que font-t-ils réellement ? Quel travail pour quel résultat ? Autant des questions.

En avril dernier, lors du naufrage de Kalehe, le président Félix Tshisekedi avait promis des sanctions contre le propriétaire de l’embarcation sans jamais relevé la responsabilité des services étatiques dans la ville de Goma et celle de Bukavu.  

A Bukavu comme à Goma, aucune sanction n’a été prise depuis tous ces naufrages et chacun tente de se justifier et/ou de dissimuler le bilan ou les personnes qui sont à bord.

Le Gouverneur intérimaire du Sud-Kivu lors de l’incident de Kasunyu monsieur Doli Bizimungu, n’avait-il pas tenté de faire croire à l’opinion qu’aucune boat motorisée ne pouvait transporter plus de 50 personnes? C’est dans ce même sens d’ailleurs que Madame Jacqueline Ngengele, la ministre provinciale des Transports de l’époque avait affirmé sans rire que la pirogue n’avait que 49 personnes à son bord, évoquant des causes naturelles comme cause de la catastrophe.   

Dans les différents ports, plusieurs manifestes ne répertorient pas la moitié des personnes qui embarquent sur ces pirogues ou des bateaux classiques.  

Encore une fois, il s’agit de plus de 100 personnes qui se sont retrouvées dans une pirogue motorisée et sans respect de port des bouées de sauvetage. Une pirogue qui quittait Bukavu sous les yeux des multiples services publics.

Le Gouverneur du Sud-Kivu annonce cette fois l’arrestation de ceux qui sont impliqués dans l’embarcation.

«Le gouvernement provincial rappelle la décision prise par Son Excellence monsieur le Gouverneur de province, celle d’interdire la navigation aux embarcations qui embarquent à leur bord des passagers sans bouée de sauvetage. De ce fait, le gouvernement provincial se dit consterné par les informations faisant état de l’absence des bouées de sauvetage à l’embarquement. D’ores et déjà, le gouvernement provincial annonce l’arrestation de toutes les personnes impliquées dans le chargement de cette pirogue » indique un communiqué du Gouverneur Ngwabidje partagé par sa cellule de Communication.

Possible de gérer les causes et non les conséquences

Comme on ne cesse de le rappeler au Sud-Kivu, « gouverner c’est prévoir ».

Depuis ce samedi plusieurs citoyens de Bukavu et de la province se demandent si c’est vraiment suffisant que les autorités sortent des intentions de vouloir organiser, changer ou faire quelque chose seulement quand le naufrage arrive.

Beaucoup rappellent qu’il était possible d’anticiper pareils événements en faisant déjà respecter les mesures annoncées par le Chef de l’Etat. Le Gouverneur du Sud-Kivu n’a –t-il pas un service technique pour suivre le transport lacustre sur le Lac Kivu ? Que faisait le gouvernement provincial depuis l’incident de Kalehe pour tenter de remettre de l’ordre sur le Lac Kivu  et stopper ces épisodes des morts inutiles ? Pour le Sud-Kivu, la seule bonne volonté ne suffit plus, il faut des gestes forts et concrets. Les seules opérations de com. ne peuvent rien résoudre face à l’irresponsabilité qui semble avoir atteint son plus haut niveau!

Jean-Luc M.

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