1er Septembre 2019 : l’hôpital de Panzi, du Dr. Mukwege fête ses 20 ans

A l’occasion du vingtième anniversaire de l’hôpital de Panzi, son initiateur et médecin directeur, le Prix Nobel de la paix 2018, a expliqué dans quel contexte et pour quelles raisons cet hôpital avait été créé et seulement à Panzi.

Il a été question de se rappeler d’où il est venu et où on en est aujourd’hui et ce qui reste encore à faire.

Né dans un contexte de conflits, l’Hôpital de Panzi a, dès ses premiers jours de vie, accueilli des victimes de guerre. Parmi elles, des blessés, des déplacés et des femmes victimes de violences sexuelles.

« Je me souviens de ces deux anciennes maisons d’architecture coloniale qui ont été restaurées  pour devenir l’Hôpital de Panzi. Je me souviens aussi des toutes premières consultations qui ont eu lieu au mois de septembre 1999. »

Pour le docteur Mukwege, le choix pour l’hôpital s’est porté sur  Panzi, au sud de Bukavu. Un milieu  plus peuplé et qui souffrait d’un manque de services publics. Les femmes enceintes en étaient les principales victimes. En cas de complication où il fallait passer à une césarienne, elles devraient rejoindre l’hôpital général de Bukavu qui se trouvait à 10 Kilomètres à l’autre bout de la ville.

Toutes ces raisons et d’autres liées à la sécurité ont poussé celui qui est devenu le «réparateur des femmes» à changer ses priorités. Il a enfin décidé d’offrir refuge à ces milliers des femmes en quête de la guérison.

Vingt ans plus tard, plus de 55.000 victimes des crimes sexuels ont déjà été pris en charge par l’hôpital. Le docteur Mukwege salue l’engagement de toutes les équipes à mettre fin au viol utilisé comme arme de guerre en République Démocratique du Congo et dans le monde entier. Ce combat jouit aujourd’hui d’un écho mondial nécessaire au changement des mentalités.

«Je salue avec émotion notre personnel qui a répondu courageusement en traitant chaque victime avec compassion et dignité

ce modèle a été implémenté en dehors de la ville de Bukavu, en ouvrant des «centres à guichets uniques» dans les communautés rurales et en déployant des équipes d’urgence sur le terrain pour faire face aux viols massifs commis dans les villages.

Au-delà des soins médicaux, «l’homme qui répare les femmes» a développé une autre approche de guérison holistique des victimes en intégrant le soutien psychosocial, des services de réintégration socioéconomique et un accès au système judiciaire.

Pour finir son allocution, le célèbre gynécologue a promis de toujours réclamer justice pour toutes les victimes des violences sexuelles dans le monde. Car ça ne se passe pas qu’au Congo. Il a aussi promis de lutter afin qu’un fond mondial pour la réparation des victimes de violences sexuelles soit diponibilisé. Cela sera officiellement lancé le 31 octobre 2019.

Honneur-David Safari

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