Sud-Kivu: plus de 55.000 victimes des crimes sexuels soignés par Panzi en 20 ans d’existence

Vingt ans après la première opération des suites d’un viol avec extrême violence en 1999, l’Hôpital de Panzi a traité plus de 55.000 victimes de crimes sexuels. Ce chiffre est en constante augmentation puisque chaque jour entre 5 et 7 femmes sont reçues à l’hôpital pour des cas de violences sexuelles.

C’est ce que nous dit l’initiateur de l’hôpital de Panzi, le Prix Nobel de la paix 2018, le docteur Denis Mukwege à l’occasion de vingt années depuis l’ouverture de cet hôpital.

Cet hôpital créé dans le contexte de la guerre en 1999 a accueilli des victimes de la guerre comme premiers malades. Parmi elles, les blessés, des déplacés et des femmes victimes de violences sexuelles.

C’est fut atroce pour le docteur Mukwege qui qui les accueillait. Lui qui pensait se spécialiser dans l’obstétrique, ce qu’il voyait a changé ses priorités.

«Nous avions donc prévu de nous spécialiser dans les soins obstétriques, mais un nouveau phénomène frappait la région; une vague de viols s’accompagnant d’une extrême violence. Nos priorités ont alors changé.»

Le docteur n’a pas oublié de mercier toutes les équipes pour ce dur et bon travail fourni pour sauver des vies et réparer les âmes.

«C’est avec beaucoup de fierté que je remercie tous les membres du personnel de l’Hôpital de Panzi et des Fondations Denis Mukwege et Panzi pour tout le travail abattu avec ardeur et détermination. Et même si ce mois-ci nous nous remémorons les deux dernières décennies qui furent douloureuses, mais pleines d’espoir, nous nous tournons surtout vers l’avenir. » dit le docteur Mukwege à l’occasion des 20 ans de l’hôpital. 

L’«homme qui répare les femmes » a promis de continuer à concrétiser sa vision de rester un centre d’excellence pour le traitement des victimes de violences sexuelles et pour une prise en charge de qualité des soins de santé maternelle, tout en élargissant cet héritage en servant de centre de formation de notre modèle de traitement médical et global des victimes de violences sexuelles dans le monde en le mettant en pratique dans d’autres contextes de conflit.

« Nous ne cesserons jamais de fournir des soins, de partager notre vision d’un monde solidaire et de responsabiliser toutes les survivantes en tant qu’agents du changement passant du statut de victime à celui de leader dans la société.»

Conscient que la violence sexuelle dans les conflits n’est pas seulement un problème en RDC, le Docteur Denis Mukwege veut élargir sa vision de la guérison holistique à l’extérieur du pays en veillant à ce que les victimes en République Centrafricaine, au Burundi, en Irak et ailleurs puissent avoir accès à une guérison holistique et ainsi reconstruire leurs vies. Ainsi des One Stop Centers proposant le modèle de prise en charge global de Panzi seront mis en œuvre dans les prochains mois.

Honneur-David Safari

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