RDC: le CICR appelle à faire de la santé mentale une priorité en terme de secours dans les zones en conflit

Le Comité International de la Croix-Rouge appelle les autorités nationales en République Démocratique du Congo et les acteurs humanitaires à faire de la santé mentale et du soutien psychosocial une priorité en termes de premiers secours délivrés dans les conflits armés et autres situations de violence, ceci pour mettre fin à la problématique des troubles mentaux qui sont liés aux faits de guerre et situations de violence.

Au cours d’un point de presse tenu ce jeudi 10 Octobre 2019 dans la ville de Bukavu, le CICR indique que les problèmes de santé mentale suscités par des situations de conflit sont ignorés par les gouvernants et les différents intervenants, alors que plus de 20% des personnes vivant dans des régions en proie à un conflit sont atteintes des troubles mentaux plus ou moins sévères.

Le Chef de la sous-délégation du CICR au Sud-Kivu et au Maniema Serge Zogg, renseigne que ces troubles mentaux caractérisés par des traumatismes, rendent impossible à ces personnes de vivre normalement dans leurs familles ou au travail, ce qui peut entraîner selon lui, une anxiété légère en passant par la dépression aux troubles des stress post-traumatiques.

«Les attaques armées, la destruction des biens, la mort des proches, les blessures par armes, les viols, les enlèvements de personnes, ont des conséquences psychologiques et parfois dramatiques sur les personnes qui vivent ces situations ou en sont témoins. Certaines développent des maladies ou affection mentales, d’autres voient surgir des troubles préexistants. Ces traumatismes rendent impossible à ces personnes de vivre normalement leur quotidien avec la famille ou au travail. Parfois certains de ses traumatismes passent inaperçus, car contrairement à une lésion physique, les blessures ne sont pas visibles, mais n’en sont pas moins dommageables pour la santé » affirme Serge Zogg.

Celui-ci indique qu’au Sud-Kivu, le CICR contribue dans la lutte contre ce problème à travers plusieurs domaines, comme par exemple la construction des maisons d’écoute où 995 victimes des violences ont été prises en charge gratuitement à travers un accompagnement psycho-social dans les 13 maisons d’écoute que compte le CICR au Sud-Kivu.

«Le CICR construit ou réhabilite des maisons d’écoute pour les victimes des violences ou violences sexuelles. A ce jour dans le Sud-Kivu, près de 13 maisons d’écoute ont été construites ou réhabilitées par le CICR. Dans ces maisons, les personnes victimes de violences peuvent se confier de manière confidentielle aux agents psychosociaux et sont pris en charge gratuitement. Si nécessaire, les victimes sont transférés aux centres de santé les plus proches. Le CICR forme également des agents psychosociaux et des mobilisateurs communautaires. Cette année, environ 40 agents et 60 mobilisateurs ont déjà été formés».

Serge Zogg appelle les autres organisations humanitaires à continuer d’être plus près des personnes en souffrance psychologique suite aux conflits armés et à la violence, et leur donner ainsi confiance en eux, pour qu’ils puissent surmonter leur traumatisme et reprendre leurs activités normalement.

Museza Cikuru

CATEGORIES
TAGS

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus (0 )