Mwenga: des jeunes filles obligées d’abandonner les études au profit de leurs frères

Dans certaines régions de la République Démocratique du Congo, l’éducation des jeunes filles demeure préoccupante jusqu’à à nos jours malgré certaines améliorations qui ont été effectuées à travers différentes sensibilisations.

En ces jours où différentes manifestations s’organisent dans le cadre de la journée mondiale de la femme rurale célébrée le 15 Octobre de chaque année, le territoire de Mwenga n’est pas épargné de cette situation discriminatoire envers les  jeunes filles rurales.

Cette discrimination se pratique le plus souvent dans le secteur éducatif, où plusieurs jeunes filles ne sont pas scolarisées au profit des jeunes garçons.

Différentes filles que nous avons interrogées expliquent qu’elles ne sont pas parvenues à aller à l’école, d’autres qui affirment avoir étudié deux ou trois ans du primaire, expliquent qu’elles ont été obligées d’abandonner les études par leurs parents qui ont dit ne pas avoir assez de moyen pour scolariser les filles et les garçons. C’est le cas de Wabiwa.

«Moi, je n’ai pas fini même les études primaires. Mes parents m’ont dit qu’ils n’avaient plus des moyens de me faire étudier et raison pour laquelle, je devrais abandonner les études au profit de mes deux jeunes frères dont l’un est actuellement en 2ème  CO et l’autre en 6ème année primaire. Mes parents disent qu’ils n’ont pas d’argent pour scolariser en même temps les filles et les garçons. C’est ainsi que nous sommes contraints de laisser les études sans le vouloir » témoigne Wabiwa, une jeune fille âgée de de 16 ans.

Une autre fille qui dit n’avoir même pas fréquenté l’école primaire, indique qu’elle accompagne ses parents aux champs à Kilyungu, Itota et à bien d’autres endroits alors que ses frères sont à l’école, et affirme qu’au retour des champs, ce sont les travaux ménagers qui l’attendent.

«Lorsque je n’accompagne pas mes parents au champ, nous partons avec des filles du quartier à la recherche des chenilles dans la forêt et/ou nous partons dans divers sites miniers à Calvaire, Tshanda, etc. pour transporter les pierres ou les sables aurifères en vue de trouver à manger ».

D’autres sources indiquent que la majeure partie des jeunes filles qui ont la chance d’étudier abandonnent les études parce qu’elles se marient en étant encore mineures, ou alors suite aux grossesses précoces.

Des acteurs sociaux demandent aux différentes organisations œuvrant dans le secteur éducatif à se pencher de plus en plus sur l’éducation des filles rurales en intensifiant de sensibilisations dans le but de réduire le taux de la non-scolarisation de ces jeunes filles abandonnées.

Abdallah Mapenzi

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  • Kamukole Mazombo Guido 4 semaines

    Malgré la politique de la gratuite de l’enseignement sur toute l’étendue de la RDC, nous déplorons la mentalité de certains parents qui ne comprennent pas toujours l’importance de scolariser leurs enfants surtout filles car ils ignorent qu’eduquer une femme c’est éduquer toute une nation.
    Je crois que ont besoin des sensibilisations car cette dernière, la croyance de ces parents restera un grand fléau pour le développement durable dans nos milieux ruraux.

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