Insécurité à Kabare : quand l’inaction de l’autorité commence à susciter la colère des habitants

Les cas d’insécurité caractérisés par des vols, pillages et assassinats ciblés continuent à parler d’eux-mêmes. Un peu plus au nord du territoire de Kabare dans le groupement de Bugorhe, et plus fréquemment dans le groupement d’Irhambi-Katana, en province du Sud-Kivu rien ne va.

Visiblement, les vols et pillages perpétrés les mois passés par des groupes Mai-Mai dans les villages Kabushwa et Mabingu n’ont pas suffit pour la population locale, qui se voyait déjà délaissée par les autorités et les forces de l’ordre sensées les sécuriser.

En effet, depuis plusieurs jours, la population de ces deux groupements vit dans une forme de terreur, suite aux multiples cas d’assassinats ciblés des paisibles citoyens, perpétrés sans inquiétude par des personnes non autrement identifiées.

Le cas le plus récent est celui d’un homme qui a été assassiné dans la nuit du samedi au dimanche 3 Novembre 2019 à Chegera, village situé à quelques kilomètres à l’ouest du centre commercial de Katana.

Ici, des hommes armés non encore identifiés ont fait incursion dans sa maison vers une heure du matin, et après l’avoir abattu, se sont volatilisés dans la nature.

Cette situation a suscité la colère des habitants, ressortissants et notables de cette entité, qui se sont indignés de voir que des individus soient lâchement abattus tous les jours, sous l’œil impuissant des dirigeants.

Les conséquences de cette colère et ce désespoir de la part de la population locale commencent à se faire ressentir.

Pas plus tard que dans la soirée de ce jeudi 7 Novembre 2019, un jeune a été brûlé vif par les habitants à Muganzo, un quartier située dans le groupement de Bugorhe, mais non loin du centre de Katana.

La cause de sa mort, très vague comme on ne peut le prétendre, est d’avoir été soupçonné comme un voleur, mal chance encore, il n’était pas connu par les personnes qui étaient présentes au lieu de l’incident.

Ce jeune a rendu l’âme sur le champ, pourtant présomption d’innocence l’oblige, il y a une forte probabilité qu’il n’avait pas de mauvaise intention.

« combien de morts vont-elles compter, ces autorités à tous les niveaux avant de mettre fin à cette forme d’insécurité qui ne dit pas son nom? », s’interrogent la plupart des acteurs qui craignent que cette situation ne puisse dégénérer comme auparavant où l’on enregistrait chaque jour des visites nocturnes d’hommes en arme, laissant derrière eux des personnes mortes ou des familles appauvries.

Alors que certains pensent que le nombre restreint d’éléments de la police et de l’armée dans plusieurs villages de ces deux groupements serait à la base de ces attaques d’hommes en arme en toute liberté, le chef du village Chegera, a lui estimé, au sortir d’une réunion de sécurité avec différents responsables locaux des structures, le mercredi dernier, que c’est la population qui doit s’unir pour mettre fin à ces attaques, en dénonçant par exemple tous ceux qui seraient impliqués dans ces manigances, car il ne peut y avoir un policier pour sécuriser chaque famille.

Du côté des autorités policières et militaires de la place, des nouvelles mesures sont annoncées tous les jours, mais toujours sans résultat palpable sur terrain.

Notons que l’insécurité a pris des allures inquiétantes au Sud-Kivu depuis un moment. « Sajecek Forces vives », dans son bullent surprise mensuel, consulté par Laprunellerdc.info, a recensé 23 personnes tuées, 114 maisons attaquées par des bandits armés, 6 véhicules braqués, 10 cas d’enlèvement et 3 cas de justice populaire au mois d’octobre 2019.

Museza Cikuru

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